la griffe du chien 🐶 wouf

L’idéal

L’acceptance est parfois un poison sournois : c’est ce que je vous ai partagé la semaine dernière. Voici maintenant son remède dont on parle trop peu, l’idéal.

L’acceptance nous encourage à nous accepter tel que nous sommes, et cela peut être utile. Il existe des moments où s’accepter soulage la pression de l’auto-jugement, et nous permet de s’éclairer. Mais le réconfort trop prolongé est dangereux. Faire de l’acceptance son maître, c’est avorter son propre développement. L’acceptance nous préfère à genoux. L’être frêle et inoffensif n’est-il pas plus facile à accepter? 

L’idéal, au contraire, nous force à regarder plus haut que soi-même, à imaginer ce que nous pourrions être. « Que deviendrais-tu si tu chassais tes lacunes, et cultivais ce qui est noble en toi? » Ainsi parle l’idéal.

Viser plus grand que soi, c’est toutefois reconnaître sa petitesse. Cela peut brusquer l’ego qui est habitué à l’acceptance. « Ne suis-je pas déjà parfait? » s’offusque-t-il, le dos affaissé.

« Tu n’es pas suffisant… » chuchote l’idéal à celui qui s’est déjà trop toléré. En effet, nous ne sommes pas parfaits! Cette réalité ne devrait pas nous surprendre. Au contraire, n’est-il pas soulageant d’être imparfait? Que notre propre imperfection remplisse notre cœur d’espoir et d’enthousiasme : nous n’avons plus à nous prétendre purs et accomplis!

Un héros grandit en nous, mais j’en connais qui souhaitent l’avorter par peur qu’il les surpasse.

L’acceptance nous dit que tout est admissible, et ainsi plus rien n’est important. « Dieu est mort ; tout est permis! » s’exclame celui qui n’a pas la force de se tenir droit sans menace divine.

Moi-même pris dans le piège de l’acceptance, ce qui m’a sauvé est d’observer ceux qui suscitaient en moi l’admiration. « Quels sont les points communs de ceux que j’admire? » me suis-je interrogé. Cette demande a porté fruits : un idéal est surgi et la vie résonne maintenant en moi comme le tonnerre sur l’océan. L’acceptance m’avait rendue lâche et mou en me convaincant que la liberté me suffisait. L’idéal m’a guéri : l’évolution est la tâche d’un sculpteur!

L’idéal est noble! Je l’ai fui trop longtemps ; le juge impitoyable qui l’accompagnait m’effrayait. Je vous parlerai de ce juge sous peu.


Autres aboiements »

Inscris-toi : email